Culture

 

Bien qu’il soit difficile de dire avec certitude d’où est originaire le crocus sativus linnaeus, on peut affirmer qu’il n’est connu que sous forme cultivée. La culture du safran doit réunir plusieurs paramètres si l’on veut obtenir un franc succès dans cette entreprise. A travers les âges et les pays, le safranier a su s’adapter en fonction de son environnement évoluant sans cesse afin de maitriser son art.

Le Climat

Tout comme le choix de la terre, le climat est un facteur déterminant dans la culture du safran. On constate qu’en fonction du type de climat les safraniers s’adapteront et planteront les bulbes avec une profondeur et des écartements différents.

Cette plante s’épanouit idéalement sous une exposition directe et maximale du soleil et son rendement s’en voit favorisé. Ses besoins en eau sont moyens (600 à 700 mm/an) et doivent être répartis entre le printemps suivi d’un été plutôt sec. Quelques pluies à la fin de l’été précédant la floraison seront bénéfiques. Cependant un climat chaud et humide ou une forte pluviométrie en été ou lors de la floraison peuvent engendrer des conséquences dramatiques caractérisées par le développement de maladies. Le crocus sativus s’accommode d’un climat chaud l’été et froid l’hiver. Il craint les fortes sécheresses ainsi que le grand froid prolongé lors d’hiver rigoureux (les bulbes gèlent à des températures continues de -10 à -15°). Il déteste les gelées intenses et les climats constamment humides. Un très grand froid ou des températures élevées pendant la floraison peuvent stopper le cycle végétatif et floral jusqu'à des températures plus clémentes.

Le cycle biologique.

Cette plante vivace a une végétation inversée. Elle connait une période de dormance de juin à mi-août,  elle perdra ses feuilles durant cette période. Elle reprendra son activité d’octobre à mai. Le réveil se fera en général fin août lorsque les températures seront à 17 °C. Les feuilles apparaitront pendant ou avant la floraison jusqu’en juin. Cependant il n’est pas rare de voir les feuilles sortir après la floraison. Les racines apparaitront après le départ du germe lors de la reprise de l’activité de la plante, ainsi qu’au printemps. La floraison automnale s’étale de 3 à 6 semaines, à partir de mi-septembre à mi-novembre pour l’ensemble de la France. Les premières fleurs apparaitront lorsque la température nocturne sera de 10°C et ceux après la 3ème grosse pluie automnale.

Safranière

Choix des terres

Le crocus sativus aime être cultivé sur des terres aérées, drainantes, de préférence calcaires siliceuses, silico-calcaires et argilo-calcaires friables. Le sol doit être léger, riche, d’un pH neutre (6,5 à 7). Iil ne réclame pas de sol gras, cependant s’adapte à des terres plus acides. On a constaté que les sols foncés ou rougeâtres ont une influence bénéfique sur la beauté des fleurs et sur la couleur des stigmates. Le crocus à safran redoute les sols imperméables et trop humides, les sols de couleur blanc. Notez que l’excès de pierre peut nuire au développement des bulbes. Le safran se plait sur des terres en altitude en général (600 à 1600 mètres) mais il ne déteste pas les plaines d’altitude zéro. Pour preuve en attendant de trouver une terre sur les hauteurs du plateau d’Albion, j’ai planté 10000 bulbes sur ma terre natale de Bretagne. Je précise que je ne suis pas un précurseur en la matière. On retrouve d’excellents safraniers en Bretagne, en Indre et Loire et bien d’autres régions situées à de très faibles altitudes.

L’orientation du terrain devra être sud sud-est, car le crocus sativus aime le soleil.

Sur les parcelles du safran royal le caillou est roi. Ce qui nous oblige à de longs travaux d’épierrage. Cependant, il nous faut conserver un taux d’empierrement suffisant afin de retenir la terre lors des pluies. Dans notre région les pluies sont diluviennes et comme nos terres sont inclinées (1100 mètres d’altitude) pour éviter tout ravinage, il nous faut donc garder un taux de pierres non négligeable, de plus il nous faut couper nos tables en plusieures parties afin de casser la vitesse de l’eau.

La préparation du sol

La préparation du sol est la seule opération mécanisable dans la culture du safran. Toutes les autres se feront exclusivement à la main. Cette opération se fait en plusieures phases. Un premier labour jusqu’à 35 cm de profondeur se fera l’année précédente, avant l’hiver. On renouvellera l’opération en avril ou en mai, puis une dernière fois quelques jours avant la plantation après un bon désherbage. Le matériel utilisé sera fonction de la surface que l’on veut planter. Effectivement, les labours peuvent se faire soit à la charrue ou au rotavator pour les surfaces les plus grandes (cependant éviter les engins trop lourd lors du dernier labour afin de ne pas tasser la terre), soit au motoculteur et à la bèche pour les surfaces plus petites. Il vous faudra griffer et épierrer le terrain.

Le choix des bulbes

Bulbes Crocus SativusPour avoir du safran, il faut planter des bulbes à safran (bulbes de crocus sativus linnaeus).  Les bulbes à planter doivent être sains. Pour cela ils doivent être fermes. La couleur de la robe est fauve, brune ou rougeâtre (ne pas garder les bulbes mous ou altérés). Dans certaines safranières, on les dénude de leur robe afin de rejeter tout bulbe non sain et on les expose au soleil plusieurs jours. Cette opération vise à éviter certaines maladies. Cependant, si cette exposition est trop prolongée on constate que la floraison peut diminuer jusqu’a 25%.

Les bulbes sont mesurés par leur circonférence, c’est ce que l’on nomme le calibre. Les plus petits bulbes se nomment bulbilles. Ces bulbilles jusqu’au calibre 7 ne feront que grossir sans donner de fleur. C’est pourquoi on les plantes dans une pépinière pendant un an, avant de les replanter en safranière. Pour qu’un bulbe fleurisse il doit avoir un calibre minimum de 7. Si vous voulez optimiser vos résultats choisissez des calibres supérieurs. Notez que les bulbes plus larges et tres aplatis (ressemblant à une soucoupe volante) donnerons plus de caïeux mais produiront moins de fleurs.

La Plantation

Traçage des tableLe crocus se plante de fin juin à la fin août. Attention dans certaines régions il faut terminer de planter pour la mi-août pour assurer un bon enracinement. Eviter de planter lors de grosses pluies d’une part car ce n’est pas pratique et d'autre part afin d’éviter un bourgeonnement prématuré des bulbes.

Ici également, le mode de plantation varie selon les safraniers qui adaptent leur travail en fonction du type de terre et de climat. Ainsi les profondeurs et les espacements seront tous aussi variés selon les pays. Gardons à l’esprit qu’une plantation profonde (supérieure à 15 cm) permettra d’obtenir un rendement plus important des stigmates et un safran de meilleure qualité.On observera une démultiplication des bulbes plus importante, ainsi qu'une plus grande protection contre le gel. Une profondeur inférieure à dix centimètres favorise la production de fleurs. Cependant moins profond les bulbes seront plus exposés au froid, aux chaleurs,  aux prédateurs.....La densité varie selon la richesse de la terre, la façon d’organiser son terrain, le mode de plantation...

il existe plusieures écoles pour planter le crocus à safran:

Une fois la terre bien préparée, la plantation peut commencer. Le terrain est divisé en tables de un mètre sur toute la longueur, puis nous divisons nos tables en 4 sillons de 25 centimètres. Chaque table est recoupée dans sa longueur en planches de 10 à 15 mètres. Chaque table est séparée par une allée de 60 à 80 centimètres afin de réaliser les travaux d’entretien et la récolte. Chaque extrémité des planches et chaque sillon sont matérialisés par des tuteurs en métal et reliés par des cordeaux de couleur.

Le premier sillon est ouvert à la houe sur toute la longueur d’une profondeur de 20 centimètres environs. Un épierrage est fait lors de cette opération. Ensuite on dépose manuellement les bulbes en terre que l’on enfonce partiellement, afin d’éviter qu’ils roulent lorsqu’on les recouvre. L’espacement entre les bulbes sera de 25 centimètres (la distance entre les bulbes est matérialisée sur une règle prévue à cet effet ou sur le manche du râteau). Une fois le rang garni, on le recouvre en faisant un épierrage supplémentaire. Les deuxième, troisième et quatrième rangs sont fait de la même manière. La terre des allées qui seront creusées à la pelle servira à recouvrir les planches afin d’augmenter de quelques centimètres la profondeur des bulbes. Un dernier épierrage est nécessaire. Le fait de monter ou de butter les tables permet de protéger les bulbes du gel mais également de la chaleur. Il permet également d’obtenir une hauteur suffisante pour ne pas avoir à faire un arrachage prématuré comme les bulbes se multiplient par le haut de 3 à 4 cm par an.

A partir de ce moment, les tables doivent être constamment désherbées. D’une part pour ameublir la terre, mais également pour éviter la prolifération des mauvaises herbes. Le crocus ne supporte pas la concurrence. Un mauvais désherbage engendre forcèment une baisse de rendement du crocus, que ce soit en multiplication des bulbes ou en rendement en fleurs.

Certains plantent par sillons de deux ou de trois laissant une allée pour naviguer lors des différents travaux. Le buttage des tables ou des planches ne se fait pas nécessairement partout non plus de meme pour le désherbage.

Vous pouvez également voir des champs entiers de par le monde, ou il y a des sillons unique espacés de courte distance justede quoi y poser les pieds.

Plantation Les terres du Safran Royal sont de bonne qualité sans richesse excessive mais très caillouteuses. Bien que les sols de ce genre peu etre pénalisant.il peut devenir un précieux allié. Car il joue un role thermo-régulateur important lors pic ou des variations de températures trop anarchique Cette particularité nous a amené la première année à espacer nos bulbes et nos sillons plus que d’autres safraniers, afin de ne pas conduire à l’étouffement d’une part et d’éviter l’arrachement prématuré. tout en Respectant scrupulesement la technique de notre amie Véronique LAZERAT, nous avons planté nos bulbes tous les 25 cm sur 4 sillons eux meme espacés de 25 cm.

Cependant pour des raisons d'optimisation et d'adaptation aux particularités du terrain et à l'environement, notre façon de planter à changé la troisième année. Ainsi nous avons replanté sur des rangs uniques et non en tables. Les rangs sont espacés d'un metre matérialisant un allée. Les bulbes sont plus rapprochés les un des autres et disposés en quinconce. cette technique nous permet de moins souffrir du dos lors du désherbage et  durant la récolte. De meme qu'il nous est plus aiser de butter les rangs pour protéger la plantation à l'arrivée de l'hiver. cette option  nous permet également de faire un rotation de culture quasiment sur place. La densité de plantation passe de 30-50 bulbes au M2 initialement à une moyenne de 70-80. Mais cette technique nous obligera à arracher plus tot.

La rotation des cultures.

La rotation de culture varie selon les pays, les régions, et surtout des sols. Le safran est une plante qui épuise les sols car elle se nourrit certes, mais elle se multiplie également, ce qui accélère l’appauvrissement. En dernière limite il faut absolument changer de terrain lorsque vous voyez votre production chuter. Laisser reposer la terre le même nombre d’année que vous l’avez exploitée. Cependant, pour des terres moins riches, le repos peut aller jusqu’à 8 ou 10 ans. La rotation de culture est très importante compte tenu des maladies pouvant toucher le safran.

L’entretien

L’entretien est un des points clé. Un bon entretien permet de protéger contre bon nombre de prédateurs et maladies, il garantit un taux de floraison et de reproduction de bulbes supérieur aux safranières moins bien entretenues.

Entretien

Le désherbage est un travail crucial et constant qui s’opère à la main exclusivement. Nos outils sont binette, grattoir à tirer, croc...Le désherbage chimique est à proscrire car il en résulte une malformation des fleurs, une diminution de leur taille, une multiplication anarchique des fleurs et des stigmates, et je ne parle pas de la qualité du safran qui est totalement altérée.

Dès que la récolte est terminée, une aération de la terre est nécessaire afin d’éviter tout tassement de la terre. Cette opération se fait avec une binette, ou un croc. Une deuxième aération se fera après que les feuilles soient entièrement sèches en juin-juillet. Certains effectuent cette opération au motoculteur afin de casser la croûte qui c’est formée en surface.

Pour ceux qui buttent leur safranière, un travail supplémentaire s’annonce : ici on recreusera les allées en remettant la terre sur les planches de safran. Cette opération vise à compenser la remontée des bulbes, augmenter le drainage et faciliter la cueillette.

La Fertilisation

EpandageSi vous avez besoin d’un apport en fertilisant, préférez les ressources naturelles (crottin de cheval, fumier décomposé…30 à 50 tonnes l’hectare). N’utilisez pas d’apport frais afin d’éviter un développement des feuilles au détriment des fleurs. Un fumier trop frais est également acide et peut, en se décomposant, favoriser une certaine pourriture. Vous pouvez apporter des oligo-éléments avec du lythotam (mélange d’algues et de coquillages broyés BIO). Utilisez la cendre (de l’année précédente) pour les apports en potasse et phosphore indispensables pendant la multiplication des bulbes de février à avril.

N'oubliez pas que pour produire un safran naturel de grande qualité, ou un simple safran BIO il vous faut proscrire tout entretien, ou tout enrichissement "chimique".

 

 

 

 

La récolte

Toutes les opérations décrites dans ce chapitre se font les unes après les autres le jour même de la récolte, et ce quotidiennement.

La cueillette ou la moisson

Crocus sativus en fleursFleurs de SafranLa récolte va commencer par une floraison automnale de jolies fleurs violettes. Floraison à laquelle il faut associer les travaux délicats qui en découlent: l’émondage, le séchage, et le conditionnement. Cette phase de travail est un moment important et fatiguant pour le safranier car toutes ces opérations se réalisent exclusivement à la main. Le temps et la quantité de fleurs peuvent rendre la tache très pénible, car toutes ces opérations de la cueillette au conditionnement se font au fur et à mesure quotidiennement afin de garantir une qualité optimum du safran.

Précisons tout d’abord que le crocus sativus ne se récolte pas à la même date partout. Il nous faut prendre en compte les différentes latitudes, altitudes et climats sous lesquels sont plantées les safranières. Ainsi nous constatons que la floraison en Hollande débute en septembre, en France fin septembre début octobre (en fonction de la localisation de la safranière), en Espagne fin octobre début novembre. Cette récolte s’étale sur plusieurs semaines (de 3 à 6 semaines). On constate en général que la première semaine sera peu abondante. Au milieu de la deuxième semaine la floraison battra son plein puis s’atténuera jusqu'à la fin de la production. On pourra observer un pic de floraison sur les derniers moments de la moisson.

La fleur de crocus à safran est fragile. De plus, elle est d’une durée de vie très limitée (entre 24 et 48 heures). C’est pourquoi dans bon nombre de pays où la température est élevée la journée, les fleurs seront ramassées au lever du soleil, avant l’éclosion complète de la fleur. La fleur se fane très vite sous l’action du soleil, et les pistils perdent de leur arôme ainsi que de leur pouvoir de coloration. Sous des latitudes plus clémentes comme en France, on attendra que la rosée soit évaporée et que les fleurs s’épanouissent sous les premiers rayons de soleil. Certains ramasseront leurs fleurs encore fermées. La cueillette quotidienne peut être unique. Néanmoins il est préférable de cueillir une deuxième fois en après midi si on recherche une qualité optimum. Notons également que la fleur de crocus est tout aussi sensible à l’humidité. Une fleur mouillée ne vit pas plus que quelques heures et reste difficile à travailler.

La cueillette de la fleur se fait au plus bas possible de la tige avec le bout des doigts ou les ongles. Un safranier expérimenté peut cueillir plus de 2000 fleurs à l’heure. Il va sans dire que la cueillette doit être rapide et précise pour ne pas abimer les stigmates. Les fleurs sont au fur et à mesure protégées du soleil, du vent, et de la pluie durant le ramassage, afin d’éviter toute dégradation de ce précieux trésor.

Emondage

Pistils de SafranCette opération intervient juste après le ramassage des fleurs et le jour même.

On appelle émondage ou épluchage ce qui consiste à séparer les stigmates de la fleur. Selon les safraniers cette action se fait avec les doigts, une paire de ciseaux, ou une pince à épiler. Au Safran Royal nous avons choisi d’émonder aux ciseaux. Bien que cette méthode soit plus longue elle permet de ne pas transmettre d’odeur avec les doigts et de ne pas altérer la qualité du safran. Ici seul le pistil est récupéré pour être considéré un safran pur. Le pistil doit être coupé de façon à supprimer le « style » dans la partie orangée afin de ne pas déprécier la qualité du safran.

L’émondage doit se faire le plus rapidement possible après la cueillette. Attention une période trop longue entre les deux phases entrainera un tassement de la fleur, une fermentation qui diminuerait la qualité du safran.

Un safranier expérimenté peut émonder 600 à 700 fleurs environ, ce qui fait près de 5 grammes de safran sec.

Séchage

Séchage des stigmatesLe séchage est très important. Il va déterminer la qualité du safran et sa conservation. Le safran doit perdre 4/5ème de sa masse lors de cette opération. Ainsi pour 10 g de safran frais on obtiendra 2 g de safran sec. Cette phase est très importante car lors du séchage il s’opère une véritable modification moléculaire.

Les méthodes de séchage varient elles aussi selon les pays et les régions. Chacune des techniques et des moyens de séchage donneront des résultats tout aussi différents. Après avoir été séparés de la fleur, les stigmates peuvent soit être mis à sécher dans une boite en bois à l’ombre dans un endroit sec, soit séchés au soleil et à l’air libre, ou dans des chambres obscures à l’air libre, ou encore sur un poêle à charbon, à proximité d’un feu ou au dessus des braises, lampe infrarouge, déshydrateur, four électrique, dessicateur, sur des plaques vitrocéramique, à l’air libre et à température ambiante sur un papier absorbant.

Au Safran Royal nous avons choisi une technique de séchage rapide avec des fours électriques dédiés uniquement à cette activité. Cette méthode nous permet d’optimiser la qualité de notre safran et de son arôme. En effet, il est plus facile de contrôler la modification moléculaire avec un appareil chauffant dont on maitrise la température. Cette méthode est moins facile qu’il n’y parait car le taux d’humidité des pistils peut varier en fonction du temps sous lequel est faite la cueillette, ce qui modifie les temps de séchage.

Un séchage au soleil et à l’air libre (séchage long) donnera un safran plus épicé et moins safrané. Un séchage exécuté près d’un feu va forcement lui conférer une odeur et altérer sa qualité aromatique. Un séchage à l’air ambiant dans une maison risque de donner un résultat aléatoire, car ici le safran même sec reste trop chargé en eau et généralement moisit rapidement. Le déshydrateur permet d’assécher le safran mais ne permet pas la modification moléculaire exercée par une source de chaleur.

Le four micro-onde est à proscrire pour sécher le safran.

Une fois séché le safran peut se conserver 3 à 4 ans. Pour cela il doit être conservé dans un conditionnement hermétique de préférence en verre teinté fermé par un bouchon en liège. L’avantage de ce type de conditionnement est qu’il ne laisse pratiquement pas passer l’air, protège le safran de la lumière, et évite la formation de condensation au cas où votre safran subit un changement de température. Une fois conditionné le safran doit être mis dans un endroit sec et à l’abri de la lumière.

Les conditionnements en carton, métal, plastique sont à proscrire si vous recherchez un produit de qualité.

L’arrachage des bulbes

Les bulbes seront arrachés et triés en juin-juillet, pendant le repos végétatif (aucune feuille). Certains arrachent après la deuxième récolte d’autres après la troisième. Pour éviter un travail trop éreintant, il faut dégager une partie de la terre des tables avec une houe puis bécher pour retirer les bulbes de terre. Une fois sorti de terre, il faut absolument retirer le « culot » noirâtre (le bulbe mère de l’année précédente) qui se trouve sur l’envers du bulbe. Une fois hors de terre déposez les bulbes dans un seau ou une cagette. Attention à ne pas exposer les bulbes trop longtemps au soleil. Une fois l’arrachage terminé il vous faut nettoyer les bulbes à l’eau claire et bien les sécher a l’ombre. Ce lavage est nécessaire afin d’éviter certaine maladies. Une fois sec les bulbes sont triés par gabarit. Les bulbes mauvais seront mis de coté puis brulés, les bulbilles seront réservées pour garnir la pépinière.

Le stockage sera effectué dans un lieu sec et bien ventilé, à l'abri de la lumière et des rongeurs.

Les maladies

Les maladies s’attaquent aux bulbes et aux fleurs. Je vais vous citer les principales maladies que le safranier peut rencontrer.

-Le rhizoctone violet dit la mort est une maladie. L’arrivée de ce champignon est imprévisible. Il apparait en automne ou au printemps. Il se propage rapidement par le vent ou les outils. L'agent pathogène persiste dans le sol sous forme de petits sclérotes (< 5 mm de diamètre) pendant plusieurs années. Sur le crocus sativus il progresse depuis les tuniques externes vers l’intérieur. Cette maladie cryptogamique ce caractérise par un corme mou, une couleur blanchâtre ou rougeâtre des filaments, puis l’enveloppe du bulbe deviendra noire ou violette, l’intérieur jaunâtre jusqu’au pourrissement du bulbe accompagné d’une odeur fétide.

Il faut impérativement arracher la safranière et bruler les bulbes malades. Laver le reste des cormes dans une solution javellisée à 30% pendant 15 minutes, les rincer à l’eau claire puis les sécher avant de les replanter le plus vite possible sur une autre parcelle. Il ne faut pas oublier de désinfecter les outils dans une solution javellisée.

Evitez tout traitement chimique (impuissant et polluant).

-La fusariose est également une maladie fongique. Elle est composée de champignons décomposeurs qui se trouvent dans les sols. Elle persiste l'hiver dans le sol ou dans les plantes infectées, les restes de récoltes. Son développement se verra accentué en présence d’un taux d’humidité important pendant plusieurs jours. Toujours active sortie du sol, il est important de bien trier les bulbes afin de ne pas stocker de corme malade avec les cormes indemnes. La fusariose est reconnaissable à son aspect de pourriture. La propagation se fait par le vent, les outils, l’eau de ruissellement, la terre, certains terreaux….

-Le tacon se rencontre plus communément que les autres maladies. Il se développe très efficacement dans les sols humides, terrible dans les sols argileux. Il est visible dès le début de l’agression sur le bulbe. De couleur rougeâtre ou jaune il basculera très rapidement vers le noir. Les cormes atteints pourriront rapidement. Chaque corme atteint devra être brulé.

D’autres maladies peuvent atteindre le crocus sativus comme le phoma crocophila, la stromatiniose

Les seuls moyens de lutter contre les maladies passent par le respect de plusieurs points clés.

Au Safran Royal, en plus de suivre ces points clés, nous possédons nos propres pépinières reparties sur des terrains différents. Si vous achetez des bulbes assurez-vous qu’ils soient sains. Evitez d’acheter des bulbes ayant une provenance douteuse et à un prix défiant toute concurrence. Certains safraniers ont fait les frais d’achat de bulbes peu onéreux provenant de Hollande. Il faut éviter à tout prix de mélanger de nouveaux bulbes sur une safranière déjà plantée. Le fait que certains safraniers utilisent des outils, vêtements et chaussures dédiés à l’usage unique de leurs safranières n’est pas innocent. Un lavage systématique puis un séchage des bulbes après arrachage est nécessaire. Conservez les bulbes dans un endroit sec et aéré à l’abri de la lumière. Choisir un terrain bien drainé. Ne pas planter après des plantes pouvant porter ces maladies comme : les pommes de terre, blé, luzerne, betterave, l’asperge… Respecter les espacements lors de la plantation. Opérer à la rotation des cultures.

Il est désillusoire d’utiliser tout mode chimique pour traiter les maladies et ennemis du crocus à safran.

Les ennemis

Le crocus sativus a plusieurs ennemis chez les animaux.

L’ennemi indirect, la taupe qui creuse des galeries, constituant ainsi un réseau souterrain d’accès aux rats taupiers, mulots qui se chargeront de dévorer les bulbes. Certains enfument les galeries et posent des pièges spéciaux, d’autres utilisent les canons à taupe (très efficace). Chevreuils, lapins et lièvres constituent des ennemis de taille car ils rongent les feuilles et mangent les fleurs. Les sangliers sont également un gros problème, car lorsqu’ils entrent dans une safranière, ils font beaucoup de dégâts. Il est important de protéger la safranière par une clôture électrifiée dans ce cas. De même que vous pouvez simuler la présence humaine en introduisant des cheveux coupés dans un bas ou une chaussette que vous attacherez aux quatre coins de votre terrain.

Les limaces raffolent également du crocus. Les vers gris, les vers fil de fer, les vers blancs s’attaquent aux jeunes pousses, aux bulbes et aux fleurs. Ici, on traitera avec des appâts que l’on placera dans les haies loin du safran. Les sauterelles constituent également un danger réel. On peut les éloigner avec des réflecteurs de lumière improvisés comme de vieux cd ou papier aluminium que l’on disposera à travers la safranière. Certains utilisent de l’huile de neem bio qui constitue également un excellent fertilisant naturel.

 

le climat peu devenir un ennemi également.

Le gel prolongé. Trop d'humidité. Le manque d'eau. Des variations de températures anarchiques à travers les saisons.